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1ère partie: Vendeuvre - Neuville - Avanton
Une randonnée au départ de Couture:
Au départ, place du Girondeau, on a évoqué la résurgence du Girondeau. Ce cours d'eau souterrain a eu l'habitude d'envahir le bourg de Couture régulièrement au XXème siècle. les crues les plus importantes furent en 1910, 1935, 1960 et 1988. Depuis on a revu le Girondeau dans les caniveaux mais plus dans les rues. Sur cette place, une petite plaque indique la hauteur: 85,4 mètres. En prenant la rue du gué, on traverse les champs puis la route Jaunay-Neuville; on passe devant le terrain d'aéromodélisme et on arrive au lieu-dit Jarnet. De là on peut admirer le château d'Avanton et méditer sur l'origine latine du nom du village "ad ventum"; en effet, le vent souffle dans la plaine! On peut aussi évoquer le cône d'or, objet trouvé dans un champ par un paysan au milieu du XIXème siècle; il lui trouva la forme d'un carquois et le vendit à un bijoutier de Loudun. Celui-ci en fit don au musée du Louvres. Aujourd'hui, restauré, il se trouve au musée des Antiquités de Saint-Germain-En-Laye. Ce cône en or mesure 53cm de haut et 11cm de diamètre. On en a trouvé d'autres similaires en Allemagne. Ils ont été datés de l'âge du Bronze Moyen, soit 1500-1250 avant JC. Le décor semble représenter le soleil. Leur utilisation reste un mystère: vase, sommet d'un casque, symbole religieux? Sa forme phallique peut faire penser à un culte de la fécondité. Pour revenir à Jarnet, autrefois il y avait 3 fermes, une chévrerie. Aujourd'hui, il n'y a plus que des retraités. Derrieière le pâté de maison, en plein champ se trouve un puits curieux, puisqu'il est sur une nappe perchée. A l'origine une légende, l'armée des Sarrazins d'Abd el-Rhaman, repoussée par Charles Martel, a campé là. Un cheval ayant soif se mit à gratter le sol et fit surgir de l'eau. L'endroit fut baptisé "Puits des Sarrazins" comme le chemin qui revient vers Couture. De nos jours on le connait sous le nom "chemin de la gare", puisqu'il se trouve sur l'emplacement de la voie ferrée Lencloître-Vouillé. Le train transportait surtout des produits agricoles et les voyageurs payaient 5 sous du kilomètre; il ne fallait pas être pressé: le chauffeur s'arrêtait pour cueillir des cerises, il fallait descendre dans les côtes! De retour à Couture, on se souvient qu'il n'y a pas si longtemps il y avait un bureau de vote, une école avec 50 filles et 50 garçons! Mais ne soyons pas nostalgiques: Couture est un village vivant grâce à son Amicale qui organise des conours de pétanques, des méchouis et bien sûr la célèbre "Foire à tout" en juin.
2ème partie: Les marais de la Pallu
Ma rubrique patrimoine va évoquer notre dernière randonnée du 4 avril dernier ; encore une fois cette balade mensuelle a rencontré un succès qui ne se dément pas ; nous étions 62 à partir après le café offert par l’office de tourisme de Vendeuvre, en compagnie de Maurice Coirault, la mémoire vivante de Vendeuvre et d’Ambroise Puault ; Ambroise Puault est membre des Amis de la Pallu qui font vivre notre patrimoine local depuis plus de 30 ans ; d’ailleurs Mr Helliaz, le président de cette association était là également pour la randonnée .Il nous arrive de partir en voiture car notre territoire est vaste mais là nous voulions proposer à nos habitués une redécouverte des rives de la Pallu car nous avions déjà fait cette randonnée mais au début de nos randonnées mensuelles soit il y a 5 ans ; or, si quelques fidèles sont là depuis le début de cette activité, de nombreux nouveaux promeneurs tous amoureux des balades et du patrimoine sont venus nous rejoindre ; de plus le bouche à oreille fonctionnant bien, nous avons des nouveaux venus tous les mois.
Nous sommes descendus sur la route de Poitiers pour prendre la rue Jehan de Maille sur la gauche puis le chemin qui mène au lieu-dit « Les Petites Roches » ;
Là autrefois coulait la Vieille Pallu ; la maison aux volets bleus était un moulin : le moulin du Petit Gué ; il possède un pigeonnier et date de 1633 ; cette vieille Pallu a été comblée vers 1944 ; à partir de là on se dirige vers les marais, on passe un pont puis on prend la grande allée rectiligne qui traverse le marais de part en part ; il faut noter que l’endroit tire son nom du latin palu qui signifie marais ; c’étaient des endroits inhospitaliers, notés comme marécages sur le cadastre napoléonien mais rendus cultivables par les hommes ; l’idée de transformer ce lieu en marais communaux ne date pas d’hier ; les terres étaient exploitées par les paysans des seigneurs de Chéneché ; on y menait le bétail et on y fauchait les rouches, sortes de brandes qui servaient de litière pour les animaux et qu’on utilisait pour rempailler les chaises. Généreusement les seigneurs de Chéneché ont fait don de ces terres à la municipalité de Vendeuvre !
Au 18ème siècle, une demande est faite pour assécher les marais mais la commune de Vendeuvre est pauvre ;
il faut attendre les années 1840 pour que la Pallu soit curée et les terres desséchées et partagées en parcelles de 66 ares louées pour 15 ans. En 1841, les ponts sont construits à l’emplacement des anciens gués ; en 1856 ce sont les marais du Passour, affluent de la Pallu qui sont à leur tour défrichés pour les livrer à la culture maraîchère ; 90 parcelles de 33 ares en 3 parties sont affermées par adjudication à la bougie ; cela signifie que les enchères s’arrêtaient lorsque que la chandelle était consumée et on payait au kilo de blé. A la fin du 19ème siècle l’ouverture d’une ligne de chemin de fer qui passe par Vendeuvre améliore l’écoulement des cultures ; de 1900 à 1960-70, le maraîchage est l’activité la plus important de Vendeuvre ; en 1976 le syndicat intercommunal d’aménagement hydraulique du bassin de la Pallu est créé ; en 1979, les adjudications sont supprimées et remplacées par une location fixe ; aujourd’hui encore les terres appartiennent à la commune qui les loue aux agriculteurs ; les marais font partie du patrimoine de Vendeuvre ! L’allée rectiligne a été réalisée par des prisonniers allemands en 14-18. C’est à droite de cette allée qu’on aperçoit
Le château de la Grève ; « la terra de Grevis » apparaît dans les textes dès le XIIème siècle ; puis le domaine est cité comme appartenant aux seigneurs de Chéneché au XVIème siècle ; il pourrait s’agir d’un ancien relais de poste datant du XIIIème siècle remanié au XVIème et XVIIème siècles ; la façade totalement symétrique présente une haute tour centrale qui donne son originalité au corps de logis ; un très beau pigeonnier cylindrique contient 700 boulins ; l’accès à la cour se fait par un portail encadré de pilastres à têtes de lions ; l’excellent état de cet ensemble avec les très belles dépendances en font un régal pour les yeux.
Poursuivons notre randonnée le long de l’allée centrale des marais.A droite aussi se trouvaient des gouffres avec de l’eau qui ressurgissait et tourbillonnait ; jamais cette eau ne se tarissait même les années de sécheresse ; les gouffres ont disparu quand la Pallu a été recreusée et quand les agriculteurs ont commencé à pomper dans les nappes; pourtant dans la fontaine à Billot, l’eau chaude de la source continue de monter ; les années de grandes gelées en 1956 et en 1963, les chasseurs venaient là chasser les canards qui s’y étaient réfugiés car l’eau de la source elle n’étaient pas gelée.Toujours sur la droite de l’allée, on aperçoit aussi
Le château de La Font : le fief de La Font relevait du prieuré de Chéneché ; on le trouve cité dans les textes en 1393 mais le château actuel est beaucoup plus récent et ressemble plutôt à une grande demeure bourgeoise au arbres séculiers.
Au bout du chemin, on est « au bec des 2 eaux » ; à droite avant que le propriétaire ne clôture la rive, on allait au moulin de Merdric qui appartenait à la famille de Mesgrigny propriétaire des châteaux de Bonnivet et de Chéneché. On Y a trouvé des silex taillé qui témoignent de l’ancienneté de la présence de l’homme dans cet endroit ; la tourbe est un excellent conservateur on le verra plus tard ; nous continuons notre promenade en tournant 2 fois à gauche ; on voit d’abord à droite le moulin de Fougeret qui se trouvait au bord de la Vieille Pallu et qui appartenait à la seigneurie de Beaulieu ; il tient son nom des fougères qui poussaient là ; plus loin c’est le moulin de Beaulieu qui date de 1623 avec sa tour ronde et une autre carrée qu’on ne voit pas ; il appartenait aux seigneurs des Roches et il tient son nom de la beauté du site. Appartenant aussi aux Roches le moulin de Meillerote avec le pont le plus ancien sur la Pallu 1254 ; c’est ce pont qu’on va prendre pour revenir mais avant avançons un peu plus loin ; sur la gauche dans le champ, se trouve des fontaines d’eau chaude alimentées par deux sources ; l’eau monte à travers les sables et l’endroit n’est jamais à sec ; si vous passez le fossé vous verrez que l’eau bouillonne tout le temps ; de l’autre côté du chemin, vous voyez une propriété close ; c’est une ancienne tourbière exploitée dans les années 1940 ; une machine actionnée par les mains et les pieds formait des briquettes pour mettre dans les poêles ; la tourbe, ce sont des organismes mal décomposés qui contiennent 50% de carbone alors que le charbon en contient 80% ; la couche de tourbe fait de 80cm à 1 mètre de profondeur ; Ça brûle bien mais ça fait de la fumée, on exploite toujours la tourbe en Irlande ; à noter qu’une année de sécheresse en 1947 la tourbe de la Pallu a brûlé pendant 3 semaines ! Je vous l’ai dit tout à l’heure la tourbe est un excellent conservateur ; on y a trouvé des hommes préhistoriques momifiés ! Ensuite on revient sur ses pas et on passe sur pont d’où d’ailleurs on a une belle vue sur la rivière et où avec un peu de chance vous pourrez voir un ragondin ; c’est son domaine !Pour finir, n’oublions pas de signaler que la Pallu prend sa source sur la commune de Mirebeau, traverse les communes de Varennes, Blaslay, Chéneché, Vendeuvre, Marigny-Brizay, Dissay et se jette dans le Clain au niveau de Longève ; elle fait 27 km de long ; jusqu’à Parigny après notre parcours, il y a encore les moulins de Chapron, Corbon, Ravard, Train… En 1809, on recense 8 moulins à eau et un moulin à vent sur la commune de Vendeuvre.Enfin la promenade arrive au stade ; on admire au passage notre beau
Le château des Roches : Il fut érigé par Jacques d’Ausseure, maire de Poitiers en 1516 ; l’héritage médiéval apparaît dans le châtelet d’entrée avec son pont levis, ses mâchicoulis et ses douves. Le corps de logis lui est Renaissance avec ses fenêtres à meneaux ornées, ses lucarnes sculptées ; la tour d’angle abrite une chapelle ; aux angles de la cour intérieure, deux pigeonniers se font face ; l’occupant le plus célèbre du château fut le général d’Empire Chemineau dont le nom est gravé sur un des piliers de l’Arc de Triomphe à Paris.
On traverse ensuite la route pour longer le stade et revenir vers le bourg par le chemin sur la gauche qui arrive à Tivoli ; avant de remonter vers l’office de tourisme juste à l’angle le rue, se trouve la maison de famille du philosophe Michel Foucault mais cette promenade est si riche qu’on ne va pas donner trop de détails sur ce grand homme dont Françoize vous a déjà parlé. (voir page patrimoine du site Internet: le patrimoine humain)
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