Le patrimoine bâti

1 - Le Château des Roches    
2 - La Fontaine du Pic    
3- Les Chezeaux    
4- La Fuye de Bataillé    
 
    1 - Le château des Roches : 
Un superbe Château Renaissance.
Lorsqu'on arrive de Poitiers, au rond point, on aperçoit un superbe château Renaissance sur la droite. 

Il ne se visite pas, mais on peut raconter son histoire. Le domaine appartient à Jacques d'Ausseure, maire de Poitiers, depuis la fin du XIVème siècle. En 1516, il est autorisé à élever une maison forte. 
La cour, un quadrilataire flanqué de massives tours rondes montre l'influence médiévale de même que les douves sèches et le châtelet d'entrée qui ressemble énormément à celui du château de Dissay avec ses deux tours. Un chemin de ronde couvert, crénelé et pourvu de machicoulis protège le pont-levis. Le corps de logis s'intercale entre le chatelet et la tour d'angle où se trouve la chapelle. 
Prévu pour l'habitation, il est muni de larges cheminées. Les fenêtres à meneaux, les lucarnes sculptées, nous rappellent l'influence du château de Bonnivet tout proche. A l'arrière, une tour est vouée aux fonctions domestiques, l'autre est une fuye (pigeonnier). Les deux confirment leur fonction défensive avec leurs cannonnières. Le plus célèbre des propriétaires du château fut le général Chemineau. Il connait la gloire dans l'armée Napoléonienne. Au siège de Dantzig, il se jeta sur les russes à la tête d'un escadron, enleva trois canons et fit 800 prisonniers. Cet exploit lui valut la légion d'honneur. 
Il se distingua également au Portugal et dut être amputé de la jambe droite lors d'une bataille à Lützen. La Restauration le fit chevalier de Saint-Louis et commandant de la Vienne, la Charente-Inférieure et les Deux-Sèvres. Il amménagea alors son château en y apportant quelques éléments de confort. 
A noter : son nom est gravé dans la pierre sur un des piliers de l'Arc de Triomphe de l'Etoile, à Paris.

 
 
    2 - La fontaine du Pic : 
Sur la route des Chezeaux.
La Fontaine du pic se trouve à la limite de Vendeuvre et de Marigny-Brizay sur la route des Chezeaux en partant de la croix de Truet. Un chemin sur la gauche traverse le bois de la Fenêtre et mène à la fontaine après environ 700 mètres de marche à pied. 
L’eau qui sort de la fontaine se dirige ensuite sur Marigny en contournant la ferme de Saint Gabriel. La fontaine est dominée par un socle en pierre de forme cubique de 1,50m de côté et 1,40m de haut ; la croix qui surmonte ce petit monument a été installée par la famille de Kermadec du château de la Marre. 
A ses pieds on distingue une marche qui laisse supposer que ce calvaire servait de reposoir au moment des Rogations. Madame de Kermadec m’a confié qu’elle se souvenait de processions avec les enfants. On y venait les années très sèches pour obtenir de la pluie. En effet, le pic auquel la fontaine doit son nom est un oiseau qui annonce la pluie en chantant. Ce n’est certainement pas un hasard !
 
 
    3- Les Chezeaux :
Inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1985.
On trouve mention de ce lieu pour la première fois en 938, c’était alors un fief relevant de la baronnie de Grisse à Chéneché. Le domaine appartint successivement à trois familles, les Chabot jusqu’au XVème siècle, les Constant jusqu’au 19ème siècle puis les de Lauzon jusqu’à récemment puisqu’une madame de Lauzon fut conseillère municipale à Vendeuvre dans les années 1960. 
Le propriétaire actuel, le docteur de Boissière acheta la propriété en 1971. L'actuel château remplace la maison noble médiévale et fut construite par la famille Constant au XVIIIème siècle; il était constitué de bâtiments s'organisant autour d'une cour fermée mais il ne subiste que 2 tours, une carrée à l'angle nord-est et une ronde à l'angle nord-ouest. La façade principale du château est orientée vers le midi avec seize grandes fenêtres sur deux niveaux. le toit en ardoise est orné de trois lucarnes de pierre, sobrement sculptées. Façades, toitures, chapelle du logis ont été inscrits à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques en 1985.
 
 
    4- La fuye de Bataillé : 
Une Fuye est un pigeonnier...

Sur le territoire de Vendeuvre, se trouve une des plus belles fuyes de la Vienne. Une fuye est un pigeonnier et son nom vient d’une race de pigeons autrefois élevés là, le fuyard ; pour le découvrir il faut se rendre à Bataillé qui se trouve entre Vendeuvre et Bellefois. Le pigeonnier appartient à Mr et Mme Chauzamy qui possèdent plusieurs gîtes et chambres d’hôtes aménagés dans des corps de logis qui forment un ensemble remarquable. Ce logis est cité dans les textes depuis le XIIème siècle.
 

Le fief de Bataillé relevait de la châtellenie de Cheneché. Cette fuye est de forme cylindrique, surmontée d’un toit conique couvert de tuiles plates et d’un lanternon recouvert d’ardoises ; au dessus de la porte d’entrée, on peut lire une date gravée : 1658 ; il possède deux lucarnes : une à l’est, l’autre au sud ; l’hiver elles doivent laisser entrer le soleil pour réchauffer l’intérieur alors qu’en été, le soleil ne doit pas pénétrer.

A l’intérieur, il y a une échelle giratoire qui permettait d’aller chercher les petits pour les mettre en volière et les manger ensuite. Ce type de pigeonnier existait dès le 6ème siècle avant JC en Grèce et à Rome ; on en recense 600 dans la Vienne ; ils étaient construits à l’écart des habitations pour ne pas déranger les pigeons et éviter les mauvaises odeurs. Les propriétaires de ces fuyes étaient des seigneurs et le nombre de boulins était proportionnel à la surface de leur domaine ; un boulin est le trou où niche le pigeon. Dans la fuye de Bataillé à Vendeuvre, il y a 372 boulins ; le domaine était donc immense et riche.

On peut voir un autre pigeonnier remarquable au château de la Barum à Chéneché près de Vendeuvre. En visitant le pigeonnier de Bataillé, vous verrez aussi une particularité astucieuse : un petit rebord en pierre en bas du mûr intérieur qui servait à empêcher les rats de grimper pour aller manger les œufs.

Aujourd’hui il n’y a plus de pigeons , déjà l’abolition des privilèges leur avait donné un coup fatal en 1789 et lors de la dernière guerre, les allemands firent boucher les ouvertures pour éviter que les pigeons voyageurs ne s’y réfugient. 

 
 
 
 

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